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La lampe frontale Fenix HM23 : la lampe frontale ultime… qui ne se fait plus

J’ai testé, trimballé et maltraité pas mal de lampes frontales au fil des années, en rando, en bricolage, et dans des contextes plus “préparation / kits” où vous voulez juste un outil fiable, pas un jouet. La Fenix HM23 (version 1) fait partie de ces objets rares : un design simple, robuste, logique… au point que ça en devient frustrant qu’elle ne soit plus produite. Et sa remplaçante, la Fenix HM23 V2, pour moi, illustre parfaitement une tendance actuelle : on ajoute des fonctions, on gagne des arguments marketing, mais on perd en fiabilité.

Pourquoi écrire sur une lampe qui ne se fait plus ? Parce qu’elle était géniale, et parce que c’est un coup de chapeau à l’ingénieur chez Fenix qui a réussi à sortir une frontale qui aurait eu sa place dans la besace des aventuriers des quatre coins du monde… et, sans exagérer, dans l’équipement d’un équipage en direction de Mars.
C'est une façon de vous faire prendre conscience que ce qui fait un bon objet, une bonne lampe, ce sont les détails de conceptions qui ne sautent pas forcement au yeux à première vue. On va parler simplicitéefficacité et résilience.

Lampe frontale Fenix HM23 sur fond clair, bandeau orange et corps compact, vignette “lampe frontale idéale”


Pourquoi parler d’une Fenix
qui n’existe plus ?


Parce que ça remet les idées à l’endroit. Aujourd’hui, on vous vend souvent des lampes frontales comme des couteaux suisses : rouge, blanc, strobe, aimant, clip, verrouillage, mode mémoire, indicateur de batterie, etc. Ça peut être sympa… jusqu’au jour où vous êtes fatigué, qu’il pleut, que vous avez les mains froides, et que vous voulez juste voir. Dans l’univers Mouton résilient, je préfère les objets qui réduisent la charge mentale.

La Fenix HM23 version 1, c’était exactement ça : une lampe conçue comme un outil. Et analyser ce genre d’objet, c’est utile pour choisir aujourd’hui ce qu’on met dans un kit : pas ce qui brille le plus, mais ce qui est le mieux adapté au travail qu'on lui demande. 

Comparaison de deux frontales à fixation latérale, la Fenix HM23 au-dessus et une autre frontale en dessous.

En haut, la Fenix HM23 V2.
En bas, la Fenix HM23 V1.

Comparaison de deux lampes frontales, une Fenix HM23 et un modèle modifié au ruban vert, flèche rouge pointant la modification

En haut, la Fenix HM23 V1,
En bas, je ne suis pas sûr. Je crois que c'était une ancienne version de la Fenix HM23 (V0 peut être?). Si l'idée d'une pile AA etait là, la lampe était tout en plastique, plutot fragile (le duct-tape gris sur la photo était là pour renforcer le capuchon du compartiment à pile, qui était cassé en deux). 



L’alimentation : une seule pile AA


On attaque avec le point numéro un : l’alimentation. Une seule pile AA. Rien que ça. Dans l’univers des lampes frontales, c’est rare, parce que les modèles à piles utilisent souvent 3 piles AAA.

Lampe frontale Fenix HM23 avec compartiment ouvert et pile AA lithium à côté, posées sur du bois.

La Fenix HM23, une seule pile AA. Fabuleux !

Compartiment batterie d’une lampe frontale à piles AAA, avec trois piles alcalines visibles.

95% des frontale à pile du marché
utilisent 3 piles AAA. Une galère logistique.

Pour connaître l’avantage de la pile AA et comprendre la différence entre lampes à piles et lampes rechargeables, j’ai fait deux articles consacrés à ces sujets.

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Mais rapidement, voici les faits.

La pile AA est la plus universelle, la plus économique, la plus disponible. Et surtout, changer une seule pile, c’est d’une simplicité redoutable. Vous voyez le moment où vous cherchez deux piles et qu’il ne vous en reste qu’une ? Avec une lampe frontale Fenix qui fonctionne avec une seule AA, problème réglé.

Et dans une logique de préparation : avec un jeu de 4 piles AA, vous avez 4 recharges complètes de la Fenix HM23. C’est clair, c’est concret, c’est facile à gérer. Une pile = une recharge.

Autre point important : la pile AA, c’est aussi un écosystème. Alcalines, Ni-MH rechargeables, lithium AA… vous pouvez adapter selon le froid, le stockage long, la fréquence d’usage. C’est une résilience énergétique très simple.



La forme en “T”, et une lampe équilibrée


Deuxième argument, et il est plus important qu’il en a l’air : la forme.

La Fenix HM23 est un cylindre avec une sortie de lumière centrée, dans une forme en “T”. Ce design équilibre naturellement la lampe sur le front. D’un côté, vous avez l’interrupteur. De l’autre, le bouchon du compartiment pile. Résultat : pas de sensation de lampe qui “pique du nez”, pas besoin de la réajuster toutes les dix minutes.

C’est le genre de détail qui ne fait pas vendre sur une affiche… mais qui change tout quand vous la portez longtemps, ou quand vous bougez.



Aluminium : une lampe solide


La Fenix HM23 version 1 est entièrement en aluminium. Donc oui, elle est résistante. Vous pouvez la bousculer, la faire tomber, la trimballer au fond d’un sac avec des clés, sans qu’elle se transforme en jouet fragile.

Ce n'est pas en plastique qui vieillit mal, qui prend du jeu, ou qui finit par fissurer au mauvais endroit.

En survivalisme pragmatique, je ne cherche pas du “incassable” (ça n’existe pas). Je cherche du matériel qui tolère la vie réelle : tomber, cogner, traîner dans un sac, être manipulé avec des mains froides. La HM23, vous pouvez la traiter comme un outil. Et elle encaisse.



Étanchéité : le joint torique qui change tout


Autre point : elle est complètement étanche. Ce n’est pas le cas d’énormément de lampes frontales en plastique dont le compartiment piles n’a pas de joint sérieux.

Sur la Fenix HM23, il y a un joint torique au niveau du compartiment pile. Donc elle peut être immergée, fonctionner sous la pluie, prendre l’humidité… sans broncher. C’est exactement le genre de détail qui fait la différence entre “lampe de loisir” et lampe frontale étanche qu’on met dans un kit en se disant : “OK, celle-là, elle sera là quand j’en aurai besoin.”



Le support caoutchouc : l’idée brillante que la V2 a abandonnée


La fixation de la lampe sur le bandeau est un des meilleurs arguments de la HM23.

Fenix avait choisi un support en caoutchouc souple (silicone) dans lequel le bandeau est passé. Deux boucles en caoutchouc, la lampe fixée dedans, et basta. Le caoutchouc fait une bonne rétention : quand la lampe est en position, elle ne bouge pas. Et c’est cette même rétention qui permet d’orienter la lampe.

Support en silicone d’une frontale avec flèche rouge, lampe HM23 posée à côté sur une table.

Vous pouvez la baisser pour voir au niveau des pieds, ou la lever. Et dans la position dans laquelle vous la mettez, elle reste. Ici, il n’y a aucun clip, aucun axe, aucune charnière, aucune pièce mobile. C’est absolument génial.

Et en plus, c’est confortable, parce que ce n’est pas une forme rigide : ça épouse la forme du front. Donc la lampe est très confortable.



Le bandeau : visible, mais low profile
 quand il faut


Le bandeau Fenix est bien conçu.

Couleur neutre, gris principalement, avec un liseré orange de chaque côté : vous la retrouvez facilement au fond d’un sac, dans une voiture, dans un tiroir. Ce n’est pas “flashy”, mais ce n’est pas invisible non plus. C’est exactement le compromis que j’aime en prévoyance.

Il y a aussi des logos réfléchissants et la marque Fenix. Super si vous courez de nuit ou faites du vélo : vous avez envie d’être vu. Et le réfléchissant fait tout le tour du bandeau, donc c’est cohérent.

Bandeau Fenix gris et orange et lampe HM23 séparée, flèches rouges montrant la séparation et le sens.

Le bandeau est réflechissant à l'extérieur et completement low-pro / low-vis à l'intérieur. Il se retourne en 2 secondes. Envi d'être vu ou envi d'etre discret, il fait les deux.

 

Le bandeau a également des petits trous pour évacuer la transpiration, donc ça respire un minimum. 

Et point très intéressant : le bandeau peut être retourné. Si vous ne voulez pas du réfléchissant (usage lowpro, univers tactique / militaire, bivouac, ou juste pas envie de briller dans la nuit), vous mettez le côté non réfléchissant vers l’extérieur. Et pour retourner le bandeau, c’est très simple : un demi tour dans le support caoutchouc noir, en une seconde.



La réparabilité terrain : l’argument qui tue


On peut être honnête : la faiblesse de cette lampe, c’est ce support caoutchouc. C’est du caoutchouc, donc c'est possible qu’un jour ça lâche. Même si, dans toutes mes utilisations et toutes les HM23 que je possède, je n’en ai jamais vu un casser.

Mais justement : même si le support se fissure et se craque, même si le bandeau casse, c’est un truc très facile à réparer. Un simple élastique à cheveux sans même faire de nœud, et vous pouvez fixer la lampe très solidement au bandeau. Vous gardez encore l’option d’orienter la lampe comme vous voulez. Et ça, en condition de terrain, c’est énorme!

Lampe frontale Fenix HM23 fixée sur un bandeau avec un elastique a cheveux jaune pour sécuriser la lampe

Quelle autre lampe frontale accepte aussi bien ce genre de réparation de terrain “field expedient” ? Un bout de chambre à air, de paracorde, de shock cord, un élastique, du scotch… ou, comme ici, un simple élastique à cheveux. La forme en “T” de cette lampe frontale permet une réparation ultra simple pour la fixer à n’importe quoi : son bandeau, les passants MOLLE d’un gilet tactique, un guidon de vélo, etc.


C’est pour ça que je dis que c’est une lampe résiliente : elle n’est pas “parfaite”, elle est réparable.

Ça me fait penser au film Seul sur Mars, quand il utilise du duct tape sur Mars, dans des conditions extrêmes, un simple rouleau accroché à sa ceinture pour réparer une fuite sur son casque.

Matt Damon répare son casque de combinaison spatiale avec du duct tape, seul sur Mars.
Matt Damon doit survivre seul sur Mars dans le film The Martian

Si vous n'avez pas encore vu le film "The Martian", n'attendez plus ! Il est conseillé dans notre sélection des meilleurs films survivalistes de tous les temps.


Voilà : la HM23, c’est pareil. Dans des conditions extrêmes, vous pouvez la fixer à ce que vous voulez et la faire fonctionner avec un bout de chambre à air, un élastique, de la ficelle, du duct tape. Aucun problème.

À l’inverse, essayez de faire une réparation de terrain "field expedient" sur une frontale classique type Petzl avec charnière. Si vous la scotchez “comme un fou”, vous perdez l’option d’orientation. Et une frontale mal orientée, c’est le début des ennuis : vous passez votre temps à compenser en levant ou baissant la tête pour qu'elle éclaire là ou vous le voulez. Bref, c'est une galère inutile. 



Les modes : simplicité - éfficacité


Parlons des modes, parce que là aussi la Fenix HM23 V1 est nickel.

L’interrupteur sur le côté nécessite un appui long. Donc quand vous la baladez sur vous, dans une poche ou dans un sac, il y a très peu de chance qu’elle s’allume toute seule.

Et surtout : l’appui long vous met en mode faible. Elle démarre toujours en mode faible. Ensuite, si vous appuyez court, vous passez en moyen, puis en fort. Et si vous continuez, vous cyclez et vous repassez en faible. Pour l’éteindre : appui long.

Appui long pour allumer, appui long pour éteindre. Ça, c’est une interface pour humains fatigués. Et ça colle parfaitement à une logique kits / préparation : par défaut, vous économisez l’énergie car elle démare toujours en mode faible et vous montez en puissance seulement si vous en avez besoin.

Le mode faible est parfait pour lire, être sous la tente, dans une voiture, faire du bricolage, gérer des petites tâches, et maximiser l’autonomie. Le mode moyen est un bon compromis. Le mode fort sert quand vous avez vraiment besoin de puissance : accident en bord de route, vérifier au fond du jardin après un bruit, éclairer un coin technique, regarder dans une chaudière à dépanner. 

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La Fenix HM23 V2 : l’ingénieur a sombré dans l’époque "gogo gadget"


Maintenant, parlons de la version 2, parce que malheureusement la version 1 ne se fait plus.

Et là, pour moi, la Fenix HM23 V2 illustre un glissement : on quitte l’objet “outil pratique” pour aller vers l’objet “fonctionnalités à gogo”.


Le support : fin du caoutchouc, place au plastique rigide

Le support caoutchouc a disparu. On part sur un support en plastique plus rigide, moins confortable. C’est plus classique, mais on perd ce côté “ça épouse le front”, et on réintroduit des pièces plus mécaniques, donc potentiellement plus sensibles au jeu et à l’usure.

Gros plan sur la Fenix HM23 fixée sur son support avec flèche rouge pointant la position du bandeau
Lampe frontale Fenix HM23 posée avec son bandeau orange et le support de fixation, main montrant la lampe.


Le clip détachable : pratique, mais moi je trouve ça dangereux

Ils ont voulu mettre un gadget qui permet de détacher la lampe du bandeau grâce à un clip, un peu comme un clip ceinture.

Oui, c’est pratique dans certaines situations. Mais je trouve ça terrible parce qu’à la base, une lampe frontale, c’est fait pour être frontale. Si je veux une lampe de poche, j’ai une lampe de poche. Quelque chose qui fait les deux, souvent, finit par me donner un objet qui me fait douter.

Et douter de son matériel sur le terrain, c’est une mauvaise affaire. Cette crainte de perdre votre lampe parce qu’elle s’est barrée du support, qu’elle a glissé, qu’elle s’est décrochée… c’est terrible quand vous devez pouvoir compter sur votre équipement, surtout dans des conditions dangereuses ou stressantes. Une frontale doit rester là où elle doit être : sur votre tête, autour du cou, prête. 



Conclusion : la HM23 V1, une leçon de résilience pour nos kits


La Fenix HM23 version 1, c’était la frontale “ultime” au sens où elle tenait une ligne claire : pile AA unique, ergonomie simple, support intelligent, confort, étanchéité, réparabilité terrain, interface sans surprise. Une frontale qui rentre naturellement dans une logique de préparation : un outil fiable, qu’on peut stocker, sortir, utiliser, et réparer.

La Fenix HM23 V2, elle, suit l’époque : plus de fonctions, plus de polyvalence, plus d’arguments. Je comprends pourquoi ça se vend. Mais si votre priorité est la résilience et la tranquillité d’esprit dans un kit (maison, voiture, sac), la V1 restait, à mes yeux, au-dessus.

Et c’est exactement pour ça que j’ai voulu écrire cet article : parce que ce cahier des charges mérite d’être noté quelque part. Pour se rappeler qu’on peut encore concevoir du matériel simple, robuste, et franchement intelligent.


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