Berkey renaîtrait-il de ses cendres ? Vous avez peut-être vu passer l’annonce : sur la page principale du site officiel de Berkey, un visuel sobre indique le retour « prochainement » des célèbres filtres noirs. Mais, ce n’est pas (encore) le retour des cartouches filtrantes « Black Berkey » tel qu’on les connaissaient. Il s’agit de nouvelles cartouches, de couleur noire certes, mais fabriquées par une autre entreprise : Phoenix gravity.
Alors, simple rebranding, retour du king ou simple alternative acceptable? À ce stade, on n’a pas toutes les réponses.

Pour ceux qui n’ont pas suivi : résumé rapide de l’affaire Berkey
Petit retour en arrière pour comprendre où on en est.
Je rappelle que Berkey — via la société New Millennium Concepts Ltd. (NMCL) — est depuis longtemps une référence pour les systèmes de filtration par gravité, très utilisés en autonomie, off-grid ou comme plan B en cas de coupure d’eau.
Mais en 2022-2023, l’EPA (Agence américaine de protection de l’environnement) a changé de position : les cartouches Black Berkey, qui contiennent de l’argent pour éviter le développement bactérien, ont été reclassées comme… des pesticides.
Oui, des pesticides.
Conséquence directe : interdiction de vente dans certains États américains, blocage des stocks, mise à l’arrêt de certains distributeurs. Un coup dur pour NMCL, qui a décidé de poursuivre l’EPA en justice pour abus de pouvoir et procédure irrégulière.
Aujourd’hui, cette bataille juridique est toujours en cours.

Cette nouvelle annonce de Berkey semble définitivement enterrer l'idée de revoir un jour les
"vrais" Black Berkey (de Berkey) dans les rayons.
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Ce que Berkey annonce aujourd’hui
Berkey annonce le retour de filtres noirs… mais pas des Black Berkey
Sur leur site officiel, et sur cette page qui annonce le "coming soon", Berkey annonce donc que des filtres noirs vont refaire surface, mais il ne s’agit pas des éléments Black Berkey que vous avez peut-être utilisés jusqu’ici. Ces nouveaux filtres sont indiqués comme étant fabriqués par Phoenix.
Phoenix fabrique-t-il les nouveaux filtres Berkey ?
Est-ce une sous-traitance ? Un nouveau brevet ? Un moyen de contourner l’interdiction temporaire des anciens modèles ?
Pas de fiche technique disponible à ce jour
À ce jour, aucune fiche technique publique complète n’a été diffusée pour le Phoenix Gravity. Les mentions de type « Proof of certification / Test results » sont annoncées comme “à venir” par le fabricant, mais aucun document téléchargeable et listable en PDF n’était disponible au moment de la rédaction de cet article.
Des certifications, oui… mais pas contre les virus ou bactéries
Selon les éléments accessibles pour le moment, la version Phoenix Gravity New Millennium Edition (référence PGF9-2) bénéficierait de certifications NSF/ANSI 42 (réduction du chlore, goût, odeur) et NSF/ANSI 372 (absence de plomb dans les matériaux). Ce sont des certifications intéressantes, mais qui concernent uniquement la qualité des matériaux et certains paramètres esthétiques de l’eau.

Et les virus et bactéries dans tout ça?
En revanche, aucune revendication relative à la norme microbiologique P231 n’a été publiée. Aucun pictogramme ou mention claire ne fait référence à une capacité de filtration des virus, bactéries ou kystes. Si cette absence se confirme, cela signifie que ce filtre serait destiné à une eau déjà potable, comme celle du réseau, et non à des eaux brutes ou à risques biologiques.
Une limite importante pour les usages en autonomie
Vigilance donc si vous êtes autonomistes, survivalistes ou familles souhaitant filtrer de l’eau de pluie, de rivière ou de puits : en l’état actuel des informations, rien ne permet de garantir une protection microbiologique complète avec ce modèle.
Ce serait un sacré retour en arrière par rapport à l’ambition initiale des systèmes Black Berkey, qui figuraient parmi les rares filtres à gravité grand public capables d’éliminer une large gamme de contaminants, y compris les virus, sans électricité ni pression.
Attendons donc les futurs résultats et publications officielles pour confirmer — ou infirmer — ces premières impressions.
Un rappel rapide pour comprendre
Petit résumé pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi l’affaire Berkey.
- Berkey, via la société New Millennium Concepts Ltd. (NMCL), est un acteur historique de la filtration d’eau par gravité, apprécié pour sa robustesse et ses performances.
- En 2022, l’EPA (Agence américaine de protection de l’environnement) a décidé de reclasser les cartouches Black Berkey comme “pesticides”, en raison de l’utilisation d’argent (silver) dans leur composition.
- Cette décision a entraîné un arrêt de la vente des cartouches Black Berkey, des blocages logistiques, puis une réaction juridique de NMCL, qui a intenté un procès contre l’EPA pour abus de pouvoir.
- Depuis, l’affaire est en cours. Et les filtres originaux restent indisponibles à l’achat.
Ce qu’il reste à éclaircir
À ce jour, la marque annonce un retour, mais aucune fiche technique complète n’a été rendue publique. Voici ce que je surveille personnellement avant de pouvoir me prononcer :
- Ont-elles été testées par un laboratoire indépendant ? Avec quels résultats, et sur quels types de contaminants (bactéries, virus, métaux lourds, PFAS, etc.) ?
- Sont-elles certifiées ? Par exemple via la norme NSF (42, 53, 401...), ou des référentiels européens reconnus. C’est un gage de sérieux indispensable, surtout après les polémiques passées.
- Quelle est la composition exacte de ces cartouches Phoenix ? Quels médias sont utilisés : charbon actif, céramique, argent, autres additifs ?
- Mais surtout : ces cartouches ont-elles été testées sur l’ensemble de leur durée de vie, ou seulement avec quelques litres d’eau en laboratoire ?
Ce point est fondamental pour garantir une filtration réellement fiable.
Car ce que chacun veut savoir, c’est bien ça : “Est-ce que mon filtre va me protéger de la première à la dernière goutte ?”
Et pour le vérifier, il faut des tests en conditions prolongées, pas seulement des résultats initiaux flatteurs.
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En conclusion (provisoire)
L’ancien leader du marché, Berkey, fait son retour après trois ans d’absence. Mais à ce jour, aucune documentation sérieuse n’a été publiée sur les performances réelles des nouvelles cartouches “Phoenix”.
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts… et dans les filtres.
Privés de recharges officielles, beaucoup d’utilisateurs ont dû trouver des solutions alternatives.
Et si certains fabricants se sont contentés de copier le design Berkey — parfois sans garantie de qualité — d’autres, comme Coldstream avec ses cartouches FTO+, ont su prouver leur efficacité, avec des performances supérieures à celles des anciennes Black Berkey.
Alors, ces nouvelles cartouches Phoenix seront-elles à la hauteur ?
Fiables ? Performantes ? Compatibles ?
C’est une question ouverte.
Je vous donne rendez-vous dans un prochain article pour un décryptage complet, dès que les données techniques seront disponibles.


















Bonsoir Pierre,
Je reçois des mails – d’une entreprise de mon secteur la ville de Cusset 03 – sur des carafes filtrantes voire des gourdes au charbon actif, apparemment de grande qualité ; ils ont été à Paris au salon de Made in France !
Quant pense tu ? de cette filtration.
Cordialement Daniel
Bonjour Daniel,
Merci pour ton message. Pour ce type de produits, il faut toujours appliquer la même méthode d’analyse, parce que le marketing raconte souvent beaucoup de choses… mais la réalité technique est parfois très différente.
Voici 8 questions essentielles à se poser avant d’accorder sa confiance :
1) Sont-ils vraiment fabricants… ou simples revendeurs ?
Beaucoup d’entreprises “du secteur” achètent des produits génériques en Asie, puis les « rebrandent » en français. Être présent au salon du « Made in France » ne garantit pas que la cartouche est réellement fabriquée ici.
2) La documentation technique est-elle disponible en ligne ?
Une marque sérieuse publie :
– les résultats de tests complets,
– les protocoles,
– les limites,
– et les conditions d’essai.
3) Quel laboratoire a réalisé les tests ?
C’est un point critique :
– nom du labo,
– lieu,
– accréditation internationale (ISO 17025).
Sans ça, les résultats n’ont aucune valeur.
4) Sur combien de litres ont été réalisés les tests ?
Un test sur 5 litres “pour démonstration” ne vaut rien.
Les tests sérieux vont de 100 à 2 000 litres, avec mesures successives.
5) Selon quelles normes ?
Les références à vérifier :
– NSF / ANSI 42 (goût, odeurs, chlore),
– NSF / ANSI 53 (contaminants chimiques),
– NSF / ANSI P231 (performance microbiologique).
Si un fabricant ne mentionne aucune norme → prudence.
6) Où se trouve réellement le laboratoire ?
Certains affichent un nom “européen”, mais les tests sont faits dans des labos non reconnus, sans contrôle indépendant.
7) Où se trouve l’usine de production ?
Made in France ? Made in Europe ? Ou simplement “emballé en France” ?
La nuance change tout.
8) Le marketing est-il cohérent entre le site mère et les revendeurs ?
Si les revendeurs promettent plus que la marque elle-même, ou s’il existe des contradictions entre les sites, c’est un signal d’alerte.
Bonjour à tous, si vous acceptez le dialogue sur ce sujet et au risque d’une bonne prise de tête, je m’étonne sincèrement de la publicité régulière que vous faites sur ces modèles de purificateurs qui ne semblent pas être la panacée en matière de résilience même si dans l’arsenal d’une personne prévoyante cette acquisition n’est pas stupide (je pense que pour de l’eau de pluie recueillie dans de bonnes conditions ça fait le taff sauf incident atmosphérique NRBC évidemment).
Sauf erreur, vous n’évoquez jamais les osmoseurs, quelque chose d’encore plus sûr, malgré d’autres défauts :dépendance au réseau d’eau domestique + changement régulier des filtres (pour les modèles sous évier), dépendance à l’électricité + faible capacité de traitement (pour les distributeurs type fontaine à eau/bouilloire). Pour ma part, je m’oriente vers un produit récent avec moins de contraintes (hormis le prix : 780 balles TTC) : un osmoseur à manivelle (pas d’élec, filtres assez durables à tarif raisonnable). N’hésitez pas à donner votre avis (précieux) sur ce genre de produit ?
Bonjour,
Merci pour votre message. Vous soulevez des points très justes. Les osmoseurs ont évidemment leur place dans une stratégie d’améliorer l’eau que l’on boit, mais leur fonctionnement et leurs contraintes les rendent rarement adaptés à une approche purement résiliente et survivaliste.
Vous avez déjà cité plusieurs limites, et je les confirme :
– Dépendance à l’eau du réseau : sans pression suffisante, un osmoseur ne fonctionne tout simplement pas. En cas de coupure ou d’eau fortement turbide, il perd immédiatement sa capacité de traitement.
– Dépendance à l’électricité (selon les modèles) : ce qui le rend très vulnérable dans un scénario dégradé.
– Maintenance technique + installation : raccords, évacuation… on est clairement sur quelque chose que Monsieur Tout-le-Monde ne répare pas dans sa cuisine.
– Appareil complexe : technologie plus sensible, plus de pièces, plus de risques de panne.
– Déminéralisation : un osmoseur retire la quasi-totalité des minéraux. Ce n’est pas dangereux si on s’hydrate normalement et qu’on sale son alimentation, mais c’est un fait à garder en tête.
– Rejet important : même pour un modèle optimisé, il y a de l’eau perdue — problématique en contexte dégradé ou lorsque l’eau devient précieuse.
Résumé dans cet article : Osmose inverse : la meilleure filtration… mais un mauvais choix pour être autonome ?
En revanche, je suis d’accord avec vous : En usage quotidien, un osmoseur apporte une eau très pure, stable, sans gestion de cuve ni gravité à surveiller. C’est discret, fixe, et confortable, et pour beaucoup de foyers, c’est ce qui compte au quotidien.
Votre modèle à manivelle est intéressant (avez-vous un modèle/marque?).
De mon côté, si je parle plus souvent des filtres à gravité ou pressurisés, c’est simplement parce qu’ils restent les plus robustes en scénario de rupture : pas d’électricité, pas de pression réseau, pas de branchements, et un entretien que même un non-bricoleur peut réaliser.
Bonjour à toute l’équipe.
Merci pour votre travail précieux…
Berkey affirme que les filtres Phoenix Gravity New Millennium Edition filtrent aussi les polluants éternels : PFOA & PFOS
on entend parler de PFAS. Est ce pareil?
qu’en est il de Coldstream?
En vous remerciant pour vos précisions.
Bonjour, des tests sont prévus en début d’année 2026.